
L’efficacité énergétique des bâtiments représente aujourd’hui un enjeu majeur face aux défis climatiques et à l’augmentation constante des coûts de l’énergie. Une maison performante nécessite une approche globale combinant une isolation thermique optimale et une étanchéité à l’air irréprochable. Ces deux aspects, intimement liés, déterminent le niveau de confort intérieur et la consommation énergétique de votre habitat. La réglementation thermique RE 2020 impose désormais des standards élevés, poussant les professionnels du bâtiment à repenser leurs méthodes de construction et de rénovation. L’objectif est clair : créer des enveloppes thermiques performantes qui limitent les déperditions énergétiques tout en garantissant un air intérieur sain grâce à une ventilation contrôlée.
Diagnostic thermique RT 2020 et audit énergétique préalable
La première étape vers un habitat performant commence impérativement par une analyse approfondie de l’existant. Cette démarche diagnostique permet d’identifier précisément les points faibles de l’enveloppe thermique et de hiérarchiser les travaux selon leur impact énergétique. La réglementation thermique RE 2020 impose des critères stricts en matière de performance énergétique, rendant cette phase d’audit indispensable pour tout projet de construction ou de rénovation.
L’audit énergétique réglementaire doit être réalisé par un professionnel certifié qui utilise des outils de mesure et de calcul normalisés. Cette expertise technique permet d’établir un état des lieux précis des performances thermiques du bâtiment et de proposer des solutions d’amélioration adaptées au contexte architectural et budgétaire du projet. Les données collectées servent de base pour dimensionner correctement les systèmes d’isolation et d’étanchéité.
Test d’infiltrométrie avec porte soufflante blower door
Le test d’infiltrométrie constitue la méthode de référence pour mesurer l’étanchéité à l’air d’un bâtiment. Cette technique utilise une porte soufflante Blower Door qui crée une différence de pression contrôlée entre l’intérieur et l’extérieur du logement. Le débit d’air nécessaire pour maintenir cette pression révèle l’importance des fuites parasites et leur localisation précise.
La mesure s’exprime par le coefficient Q4, qui indique le volume d’air traversant l’enveloppe par heure et par mètre carré de paroi sous une pression de 4 pascals. Pour une maison individuelle labellisée BBC-Effinergie, ce coefficient ne doit pas dépasser 0,6 m³/h/m². Les constructions passives visent un niveau encore plus exigeant avec un Q4 inférieur à 0,16 m³/h/m², garantissant une étanchéité quasi-parfaite.
Thermographie infrarouge par caméra FLIR pour détection des ponts thermiques
La thermographie infrarouge révèle les défauts invisibles à l’œil nu de l’enveloppe thermique. Cette technologie d’imagerie thermique permet de visualiser les variations de température sur les parois et d’identifier avec précision les ponts thermiques, les défauts d’isolation et les infiltrations d’air. Les caméras FLIR professionnelles offrent une résolution thermique fine, essentielle pour détecter les anomalies même mineures.
L’analyse thermographique doit être réalisée dans des conditions climatiques
L’analyse thermographique doit être réalisée dans des conditions climatiques contrastées (généralement en hiver, avec au moins 10 °C d’écart entre intérieur et extérieur) pour être pleinement pertinente. Les images obtenues mettent en évidence les zones de parois froides, les discontinuités d’isolant, les jonctions mal traitées ou encore les infiltrations d’air autour des menuiseries. En croisant ces résultats avec le test d’infiltrométrie, vous obtenez une cartographie précise des déperditions thermiques et des ponts thermiques structurels à traiter en priorité. Cette étape est particulièrement utile avant une rénovation globale ou une mise à niveau vers un standard de type Maison Passive.
Calcul du coefficient ubat selon la méthode réglementaire française
Au-delà des mesures sur site, la performance énergétique globale du bâtiment est évaluée par calcul, notamment via le coefficient Ubat. Ce coefficient traduit les déperditions thermiques moyennes de l’enveloppe (murs, toitures, planchers, menuiseries) et s’exprime en W/m².K. Plus la valeur de Ubat est faible, plus l’isolation thermique de l’enveloppe est performante, ce qui est indispensable pour respecter les exigences de la RE 2020.
La méthode réglementaire française consiste à pondérer les coefficients de transmission thermique U de chaque paroi par leur surface respective, puis à faire une moyenne sur l’ensemble de l’enveloppe. Le calcul prend également en compte certains ponts thermiques linéiques, via les coefficients Ψ (psi), qui peuvent représenter jusqu’à 20 % des pertes si rien n’est prévu pour les limiter. En pratique, le bureau d’études thermiques modélise chaque paroi (mur, toiture, plancher, baie vitrée) dans un logiciel agréé, et vérifie que le Ubat obtenu est inférieur aux seuils imposés par la RT 2012 ou la RE 2020 selon le cas.
Pour vous, ce coefficient Ubat est un repère simple : il permet de comparer l’efficacité thermique de différents scénarios de travaux (ITE, ITI, changement de menuiseries, renforcement d’isolant en toiture, etc.). C’est aussi sur cette base que l’on dimensionne l’épaisseur d’isolant nécessaire pour atteindre un certain niveau de performance (par exemple viser un Ubat compatible avec un bâtiment passif). En résumé, avant même de parler de matériaux, il est crucial de valider par le calcul que la stratégie d’isolation et d’étanchéité à l’air permettra d’atteindre les objectifs visés.
Analyse des déperditions thermiques par logiciel ClimaWin
Les logiciels de calcul thermique comme ClimaWin sont devenus incontournables pour simuler le comportement énergétique d’un bâtiment. Ils permettent d’aller bien au-delà d’un simple calcul de Ubat, en intégrant les apports solaires, l’inertie des matériaux, la ventilation, les systèmes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire. Vous pouvez ainsi visualiser l’impact concret d’une isolation thermique renforcée ou d’une meilleure étanchéité à l’air sur vos consommations annuelles.
Dans le cadre d’un audit énergétique, ClimaWin est utilisé pour établir un état initial du bâtiment, puis pour comparer plusieurs scénarios de rénovation : isolation des combles, isolation thermique par l’extérieur, remplacement des menuiseries, installation d’une VMC double flux avec récupération de chaleur, etc. Chaque scénario est chiffré en termes de kWh économisés, de réduction d’émissions de CO₂ et de temps de retour sur investissement. Ce travail de simulation vous aide à prioriser les travaux les plus rentables avant de vous lancer.
Concrètement, l’analyse des déperditions thermiques par logiciel met en lumière les postes les plus énergivores : toiture, murs, plancher bas, ponts thermiques et renouvellement d’air. Elle démontre souvent qu’une enveloppe bien isolée et étanche à l’air permet de diviser par deux, voire par trois, les besoins de chauffage. C’est également un outil précieux pour justifier l’éligibilité aux aides type MaPrimeRénov’ et pour documenter un projet visant une certification de type PassivHaus.
Étanchéité à l’air : matériaux et techniques de mise en œuvre
Une isolation thermique de qualité perd une grande partie de son efficacité si l’étanchéité à l’air n’est pas correctement traitée. Les fuites d’air parasites créent des courants d’air, dégradent le confort et augmentent considérablement les besoins de chauffage. C’est pourquoi la RE 2020 impose des niveaux d’étanchéité de plus en plus stricts, vérifiés par test d’infiltrométrie. Mais comment assurer concrètement cette continuité de l’enveloppe étanche à l’air sur un chantier neuf ou en rénovation ?
La clé réside dans le choix de systèmes complets : membranes d’étanchéité, freins-vapeur intelligents, rubans adhésifs spécifiques, mastics et accessoires pour traiter les points singuliers. À la manière d’un coupe-vent autour de votre corps, ces matériaux forment une « seconde peau » autour du bâtiment, qui bloque l’air mais permet une gestion maîtrisée de la vapeur d’eau. Leur mise en œuvre doit être soignée, en coordination avec tous les corps de métier, pour éviter les perforations inutiles et les discontinuités.
Membranes d’étanchéité vario duplex et freine-vapeur intelligent
Les membranes de type Vario Duplex appartiennent à la famille des freins-vapeur intelligents. Leur particularité ? Leur perméabilité à la vapeur d’eau varie en fonction de l’humidité ambiante, ce qui permet de protéger les isolants des risques de condensation tout en autorisant le séchage des parois en période sèche. C’est un atout majeur dans les parois complexes (toitures en ossature bois, combles aménagés, murs intérieurs) où l’on cherche à concilier étanchéité à l’air et gestion hygrothermique.
En pratique, ces membranes se posent du côté intérieur de l’isolant, en continu, sur toute la surface des parois. Les lés sont soigneusement recouverts et collés entre eux à l’aide de rubans spécifiques, puis raccordés aux menuiseries, planchers, pignons et gaines techniques. Vous obtenez ainsi une « barrière pare-air » parfaitement continue, qui limite drastiquement les fuites d’air. Le frein-vapeur intelligent, en régulant les transferts de vapeur, réduit aussi les risques de moisissures dans l’isolant et améliore la durabilité de l’isolation thermique.
Pour un habitat performant, notamment en rénovation de maison ancienne, l’utilisation d’un frein-vapeur variable comme Vario Duplex ou Intello est particulièrement pertinente. Elle permet de sécuriser la paroi même si les conditions initiales (supports, maçonneries, humidité résiduelle) sont imparfaites, tout en atteignant des niveaux d’étanchéité compatibles avec les objectifs de la RE 2020 ou d’une rénovation BBC.
Adhésifs tescon et rubans d’étanchéité pro clima pour raccordements
Les membranes seules ne suffisent pas à garantir l’étanchéité à l’air : ce sont les raccords, angles et jonctions qui font la différence. Les adhésifs Tescon et rubans d’étanchéité pro clima sont spécialement conçus pour assurer ces liaisons. Leur pouvoir adhésif haute performance, y compris sur supports minéraux ou légèrement poussiéreux, garantit la pérennité de l’étanchéité sur plusieurs décennies, à la différence d’un simple ruban de masquage ou d’un adhésif « bricolage ».
On les utilise notamment pour coller les lés de freins-vapeur entre eux, raccorder la membrane sur des supports hétérogènes (béton, bois, métal), traiter le pourtour des menuiseries ou encore réaliser l’étanchéité autour des boîtiers électriques. Un bon repère : chaque trou, chaque agrafe, chaque passage de câble est un point faible potentiel pour l’isolation thermique. Les rubans et mastics adaptés permettent de le neutraliser proprement.
Vous vous demandez si ces accessoires ont vraiment un impact sur votre facture de chauffage ? Dans un bâtiment très isolé, perdre 0,2 ou 0,3 m³/h/m² sur le coefficient Q4 à cause de raccords mal faits peut représenter plusieurs dizaines de kWh/m².an. En d’autres termes, quelques rouleaux de ruban bien posés peuvent faire la différence entre une maison simplement « correcte » et un habitat réellement basse consommation.
Traitement des liaisons périphériques et traversées de gaines
Les liaisons périphériques (sol/mur, mur/plafond, mur/rampant) et les traversées de gaines sont les principaux points faibles de l’étanchéité à l’air. C’est souvent là que les fuites se concentrent, car plusieurs corps d’état interviennent successivement (maçon, plaquiste, électricien, plombier, chauffagiste). Sans une stratégie commune, chacun perce, découpe, fixe… et fragilise la continuité de la paroi étanche.
La bonne pratique consiste à définir un « plan d’étanchéité » dès la conception du projet. On choisit la couche assurant l’étanchéité (membrane, enduit continu, panneau OSB jointoyé) et l’on prévoit, par exemple, un vide technique entre frein-vapeur et parement pour faire passer les gaines sans perforer la membrane. Des manchettes spécifiques permettent de rendre étanches les traversées de câbles, de conduits de VMC ou de tuyauteries.
Pour les liaisons périphériques, des bandes adhésives souples et des mastics-colles (type ORCON) assurent la jonction étanche entre la membrane et les murs maçonnés, les dalles béton ou les menuiseries. Cette approche peut sembler fastidieuse, mais elle est essentielle : une maison très isolée mais percée de multiples fuites d’air se comporte comme un anorak ouvert en plein hiver. Pour optimiser l’isolation thermique, la fermeture de ces points singuliers est donc incontournable.
Système d’étanchéité intello plus pour ossature bois
Dans les constructions à ossature bois (MOB), le système Intello Plus de pro clima fait figure de référence. Ce frein-vapeur hygrovariable à très haute résistance au vieillissement est spécialement adapté aux parois légères, très sensibles aux transferts d’humidité. Il se pose côté intérieur, sur l’ossature bois, avant la mise en place du parement (plaques de plâtre, panneaux de fibres-gypse, OSB, etc.).
Combiné à une membrane pare-pluie côté extérieur et à des isolants en fibre de bois ou laine minérale, Intello Plus forme un système complet garantissant à la fois étanchéité à l’air, isolation thermique renforcée et sécurité hygrothermique sur le long terme. Les tests en laboratoire et les retours de chantiers démontrent une stabilité des performances sur plus de 50 ans, sous réserve d’une mise en œuvre conforme aux règles de l’art.
Pour une maison ossature bois visant le niveau PassivHaus, ce type de système est presque incontournable. Il permet d’atteindre des niveaux d’infiltrométrie extrêmement bas (Q4 proche de 0,1 m³/h/m²) tout en limitant les risques de pathologies dans les parois. C’est un bon exemple de synergie entre étanchéité à l’air, isolation thermique performante et gestion de l’humidité, au service d’un habitat durable et confortable.
Isolation thermique performante : matériaux biosourcés et synthétiques
Une fois l’étanchéité à l’air maîtrisée, le choix des matériaux d’isolation thermique devient le levier principal pour réduire les déperditions. Faut-il privilégier des isolants biosourcés (fibres de bois, chanvre, ouate de cellulose) pour leur confort d’été et leur faible impact environnemental, ou des isolants synthétiques (PIR, polyuréthane, polystyrène) pour leurs très hautes performances à faible épaisseur ? En réalité, la solution la plus pertinente combine souvent plusieurs familles d’isolants selon les zones du bâtiment.
Les isolants biosourcés apportent une excellente inertie thermique et une meilleure régulation de l’humidité intérieure, atouts précieux pour limiter la surchauffe estivale. Les isolants synthétiques, plus denses et très isolants, sont imbattables lorsque l’on manque d’espace, par exemple en isolation par l’extérieur ou sous chape de plancher. L’enjeu est donc de placer « le bon isolant au bon endroit », en tenant compte des contraintes techniques, du budget et des objectifs de performance énergétique.
Isolants en fibres de bois steico et laine de chanvre biofib
Les panneaux de fibres de bois Steico et les produits en laine de chanvre Biofib sont représentatifs de la nouvelle génération d’isolants biosourcés. Ils sont fabriqués à partir de ressources renouvelables, faiblement transformées, et présentent une conductivité thermique λ comprise entre 0,036 et 0,045 W/m.K selon les gammes. Leur plus grand atout réside toutefois dans leur capacité thermique massique élevée, qui leur confère une forte inertie thermique.
Concrètement, cela signifie que ces isolants ralentissent la progression de la chaleur à travers les parois en été, comme un mur épais en pierre qui reste frais malgré la canicule. Utilisés en toiture sous rampants ou en isolation thermique par l’extérieur avec bardage ventilé, les panneaux de fibre de bois améliorent nettement le confort d’été, tout en offrant d’excellentes performances en hiver. La laine de chanvre, de son côté, est particulièrement adaptée aux cloisons intérieures et aux murs en rénovation, grâce à sa souplesse et sa bonne tenue mécanique.
Sur le plan environnemental, ces matériaux présentent un bilan carbone favorable, car ils stockent du CO₂ pendant leur croissance. Pour un projet de maison écologique ou de rénovation responsable, ils constituent donc une option de choix. Leur compatibilité avec des systèmes d’étanchéité à l’air hygrovariables (type Vario ou Intello) en fait des alliés de premier plan pour un habitat à la fois performant et sain.
Polyuréthane projeté et panneaux PIR haute performance
Les isolants en polyuréthane projeté et les panneaux PIR (polyisocyanurate) se distinguent par leur conductivité thermique très faible, souvent comprise entre 0,022 et 0,028 W/m.K. À performance thermique équivalente, ils nécessitent donc une épaisseur bien plus faible que les isolants minéraux ou biosourcés. C’est un avantage décisif lorsqu’on souhaite conserver un maximum de surface habitable ou limiter l’épaisseur d’un complexe d’isolation thermique par l’extérieur.
Le polyuréthane projeté est appliqué in situ par un professionnel, qui pulvérise le produit sur les parois : l’isolant se forme alors en une couche continue, sans joints ni découpes, ce qui limite fortement les ponts thermiques. Les panneaux PIR, quant à eux, sont particulièrement utilisés en toiture terrasse, sur planchers bas ou en ITE sous enduit, grâce à leur grande rigidité et leur résistance à l’humidité.
Il faut toutefois garder à l’esprit que ces isolants synthétiques présentent un impact environnemental plus élevé en termes d’énergie grise et de fin de vie. Leur usage est donc particulièrement pertinent pour des zones critiques où la faible épaisseur est déterminante, en complément d’isolants plus écologiques sur les autres parois. Cette approche hybride vous permet de concilier performance thermique maximale et démarche environnementale raisonnée.
Ouate de cellulose soufflée univercell pour combles perdus
La ouate de cellulose soufflée, comme la gamme Univercell, est une solution d’isolation thermique très efficace pour les combles perdus. Fabriquée à partir de papier recyclé, elle affiche une conductivité thermique λ autour de 0,038 à 0,042 W/m.K. Posée en forte épaisseur (30 à 40 cm), elle permet d’atteindre des résistances thermiques R supérieures à 7 m².K/W, conformément aux préconisations pour une isolation de toiture performante.
La mise en œuvre par soufflage présente plusieurs avantages : rapidité d’exécution, remplissage homogène des moindres recoins, continuité de la couche isolante autour des solives et obstacles. La ouate de cellulose possède par ailleurs une bonne capacité de déphasage, ce qui améliore le confort d’été sous les combles. Son comportement au feu est sécurisé par l’ajout de sels minéraux, ce qui lui permet de répondre aux exigences réglementaires.
Pour optimiser ses performances dans le temps, il est indispensable d’associer cette isolation à une membrane pare-vapeur/frein-vapeur continue côté intérieur et à une ventilation de la toiture adaptée. Vous obtenez ainsi un « capuchon thermique » très efficace sur le bâtiment, réduisant de près de 30 % les pertes de chaleur globales. C’est souvent l’un des travaux de rénovation les plus rentables pour sortir d’une passoire énergétique.
Isolation thermique par l’extérieur avec bardage ventilé
L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) sous bardage ventilé combine plusieurs bénéfices : suppression quasi totale des ponts thermiques, amélioration du confort d’été, protection durable de la façade et liberté architecturale. Le principe est simple : on fixe un isolant continu sur les murs extérieurs (fibre de bois, laine de roche, panneaux PIR, etc.), puis on ajoute une lame d’air ventilée et un parement (bois, métal, composite, fibre-ciment…).
La lame d’air ventilée joue un rôle essentiel : elle évacue les éventuelles infiltrations d’eau et limite les surchauffes estivales par effet de cheminée. L’isolant, protégé par ce « bouclier » ventilé, conserve ses performances dans le temps. Couplée à une bonne étanchéité à l’air côté intérieur, cette solution permet d’atteindre des niveaux d’isolation thermique très élevés, avec une enveloppe homogène et continue.
En rénovation, l’ITE sous bardage ventilé est particulièrement adaptée lorsque l’on souhaite transformer une maison énergivore en habitat performant sans réduire la surface intérieure. Elle permet de traiter en une seule opération les murs, les ponts thermiques de planchers intermédiaires et, dans certains cas, les retours d’isolant sur la toiture. C’est l’une des solutions privilégiées pour viser des labels exigeants et améliorer significativement la valeur verte du bien.
Laine de roche rockwool RockFit pour cloisons et rampants
La laine de roche, et en particulier les gammes Rockwool RockFit, reste un incontournable de l’isolation thermique et acoustique. Sa conductivité thermique, généralement comprise entre 0,034 et 0,040 W/m.K, permet d’obtenir d’excellentes performances en toiture, en murs et en cloisons. Elle est incombustible (Euroclasse A1), ce qui renforce la sécurité incendie du bâtiment, un point souvent déterminant dans les ERP ou les logements collectifs.
Les panneaux ou rouleaux de laine de roche RockFit sont faciles à mettre en œuvre entre montants d’ossature métallique ou bois, pour isoler les rampants de toiture, les cloisons intérieures ou les murs doublés par l’intérieur. Leur élasticité leur permet de bien remplir les cavités sans laisser de vides, ce qui est essentiel pour éviter les ponts thermiques locaux. Ils offrent également un très bon affaiblissement acoustique, ce qui améliore le confort global du logement.
En association avec une membrane d’étanchéité à l’air correctement posée et des rupteurs de ponts thermiques aux liaisons de structure, la laine de roche constitue une base fiable pour atteindre une isolation thermique performante sur le long terme. Elle s’intègre parfaitement dans une stratégie globale où chaque composant – isolant, pare-vapeur, ventilation – joue son rôle pour un habitat sain, confortable et peu énergivore.
Solutions d’isolation des ponts thermiques structurels
Les ponts thermiques structurels sont ces zones où la résistance thermique est réduite par la présence d’éléments de structure : jonctions murs-planchers, abouts de dalles, balcons, refends traversants, linteaux en béton, etc. Même avec une forte épaisseur d’isolant, ils peuvent représenter jusqu’à 20 % des déperditions si rien n’est prévu pour les traiter. On peut les comparer à des « fuites » dans une glacière : une petite ouverture suffit à laisser sortir une grande partie du froid.
Pour les limiter, plusieurs solutions existent. En construction neuve, on utilise des rupteurs de ponts thermiques intégrés aux dalles et aux balcons, qui interrompent la continuité du béton par une zone isolante structurelle. En rénovation, l’isolation thermique par l’extérieur reste la méthode la plus efficace, car elle englobe la plupart de ces ponts dans un manteau isolant continu. Des isolants spécifiques, comme des panneaux haute densité en périphérie des dalles, complètent le dispositif.
Le diagnostic thermique préalable (caméra infrarouge et calculs de coefficients Ψ) permet d’identifier les ponts thermiques les plus pénalisants et de définir une stratégie de traitement adaptée. Dans certains cas, il sera plus judicieux d’investir dans une ITE globale plutôt que de multiplier les corrections ponctuelles peu efficaces. L’objectif final reste le même : homogénéiser au maximum l’isolation thermique de l’enveloppe pour éviter les parois froides, la condensation locale et les pertes d’énergie inutiles.
Ventilation mécanique contrôlée double flux et récupération de chaleur
Rendre un bâtiment très étanche à l’air impose de repenser totalement la ventilation. Sans renouvellement d’air maîtrisé, l’humidité et les polluants intérieurs s’accumulent, entraînant condensation, moisissures et dégradation de la qualité de l’air. La ventilation mécanique contrôlée double flux avec récupération de chaleur constitue alors la solution de référence pour concilier qualité d’air intérieur et performance énergétique.
Le principe est simple : l’air vicié extrait des pièces humides (cuisine, salle de bains, WC) traverse un échangeur de chaleur où il transmet ses calories à l’air neuf entrant, sans que les deux flux se mélangent. On récupère ainsi jusqu’à 80 à 90 % de la chaleur de l’air extrait en hiver, ce qui réduit fortement les besoins de chauffage liés au renouvellement d’air. En été, certains systèmes permettent même un « bypass » pour rafraîchir la maison la nuit.
Pour tirer pleinement parti d’une VMC double flux, l’isolation et l’étanchéité à l’air doivent être irréprochables. Dans le cas contraire, l’air s’échappera par les fuites plutôt que par le réseau de ventilation, et le rendement réel du système chutera. C’est pourquoi les standards de type PassivHaus imposent à la fois un niveau de perméabilité très bas et l’usage d’une double flux à haut rendement. Vous bénéficiez ainsi d’un air intérieur sain, filtré, sans courants d’air désagréables, tout en maintenant des besoins de chauffage extrêmement faibles.
Contrôle qualité et certification PassivHaus pour habitat performant
Atteindre un haut niveau de performance énergétique ne repose pas uniquement sur le choix de bons matériaux ; la qualité de mise en œuvre et le contrôle sur chantier sont tout aussi déterminants. La certification PassivHaus en est l’illustration la plus exigeante : elle impose des critères stricts en matière d’isolation thermique, d’étanchéité à l’air, de ventilation et de confort d’été, vérifiés par des mesures et des calculs indépendants.
Pour obtenir ce label, le bâtiment doit notamment respecter un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m².an, un débit de fuite d’air inférieur à 0,6 volume/heure sous 50 Pa, et une consommation d’énergie primaire totale (chauffage, ECS, auxiliaires, électroménager) très limitée. Un logiciel spécifique, le PHPP, est utilisé pour dimensionner l’isolation, les menuiseries, les protections solaires et la VMC double flux avec récupération de chaleur.
Même si vous ne visez pas formellement la certification, s’inspirer de cette démarche vous garantit un habitat très performant, durable et confortable. En combinant diagnostic thermique précis, étanchéité à l’air soignée, isolation thermique optimisée, traitement des ponts thermiques et ventilation double flux, vous vous rapprochez des standards les plus élevés de la construction européenne. À la clé : un logement agréable à vivre, des factures d’énergie maîtrisées et une forte valorisation de votre patrimoine immobilier.